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Transition énergétique & isolation par l'extérieur : alerte pour le bâti ancien

Publié le 17/10/2014

Isolation par l'extérieur :
elle peut être une hérésie sur les bâtiments antérieurs à 1950 !

Le projet de loi relatif à la transition énergétique pour une croissance verte, prévoit que des travaux d'isolation de façades seront obligatoires lors du ravalement de celles-ci.
L'isolation par l'extérieur des murs en pierre, terre ou bois est délicate et souvent contestable car elle tient rarement compte des études scientifiques de la dernière décennie, commanditées par les pouvoirs publics, avec la participation de Maisons Paysannes de France.

L'idée qu'une isolation extérieure de tous les bâtiments anciens permettrait de conserver l'inertie des murs (sans mordre sur la surface habitable) a émergé à une époque où la seule pratique était l'isolation intérieure conventionnelle (polystyrène, laine minérale) qui privait en effet l'habitation d'une bonne partie des formidables qualités d'inertie inhérentes aux murs anciens.

Or, des études scientifiques et de nombreuses publications ont confirmé les qualités hygro-thermiques intrinsèques des murs anciens et démontré les risques des isolations habituelles pour l'état sanitaire et la pérennité des bâtiments (étude Hygroba sur la pierre, la brique, le pisé et le colombage/torchis).
Ces études ont montré l'intérêt de supprimer l'effet de paroi froide par une correction thermique intérieure de faible épaisseur : enduits chaux-chanvre, enduits allégés composés de terre et végétaux ou solution traditionnelle de recouvrement par du bois (panneautage ou lambris). Ces solutions corrigent sans supprimer les qualités existantes.

Une distinction doit être clairement établie entre le bâti ancien en pierre, terre ou bois d'avant 1950 et les bâtiments énergivores en parpaings de ciment de l'après-guerre.

Maisons Paysannes de France invite à la vigileance contre ces tentatives de réglementation voulant imposer au bâti ancien des solutions onéreuses, incompatibles avec les matériaux de construction naturels, compromettantes pour la santé des bâtiments traditionnels, et qui priveraient les cités et les villages de qualités architecturales que les touristes du monde entier viennent admirer !

En savoir plus sur les études d'économies d'énergie dans le bâti ancien

Découvrir le dernier numéro de la revue MPF sur ce sujet + notre article "RT Ex : règlementation thermique des bâtiments existants" (dans la revue numéro 191)

Notre délégué de l'Alsace, Bruno de Butler, également président de l'ASMA, a sonné l'alerte sur le problème particulier que la loi imposerait aux maisons à colombages :

et sur France 3 :

A lire également sur Le Moniteur

L'Ordre des Architectes abonde dans le même sens en demandant la suppression des articles qui imposent l'isolation par l'extérieur des façades et des toitures et propose la mise en place d'un diagnostic global préalable à toute rénovation importante.

Lire l'article sur le site du CNOA

Dans un interview sur Batiactu, Catherine Jacquot, présidente du CNOA, précise que "l'obligation d'ITE va bloquer 50 % des travaux et dévaloriser le patrimoine urbain".

Elle ajoute : "L'isolation par l'extérieur n'est qu'une technique parmi d'autres. Et les menuiseries ? La ventilation ? Le problème des pignons mitoyens ? Sans même parler des modénatures des bâtiments haussmanniens. Va-t-on tout revêtir de polystyrène ? Il y a bien sûr toute une série de dérogations possibles. Mais qui va déterminer si l'obligation d'isolation par l'extérieur devra être appliquée ? Cette situation va bloquer 50 % des travaux et dévaloriser le patrimoine urbain, c'est-à-dire celui des consommateurs.
Il s'agit là d'une décision qui a été prise sans connaissance de cause. Mais déjà des protestations s'élèvent, notamment en Alsace, pour préserver les maisons à colombages, ou dans le Nord, où la brique fait partie du patrimoine. L'isolation par l'extérieur est parfois tout à fait appropriée. Mais laissons les professionnels compétents juger de ce qui est nécessaire. Un amendement a donc été déposé contre cette obligation. C'est à la maîtrise d'œuvre de déterminer les travaux à faire et à quels coûts. Nous demandons que le diagnostic global soit fait en amont par un professionnel compétent, architecte et bureau d'études. Le DPE, par exemple, est très partiel, ne prenant en compte que la thermique. Et nous avons vu apparaître un nouveau métier, "les conseillers énergétiques", une invention superfétatoire. Les architectes sont déjà des médecins généralistes du bâtiment, qui se tournent vers les spécialistes de façon quotidienne et naturelle pour répondre aux questions techniques. Ils ont une vision synthétique.
Découvrir l'interview complète sur Batiactu

Télécharger le communiqué de presse Maisons Paysannes de France