Discours du nouveau président Georges Dumenil lors de l'Assemblée Générale de Maisons Paysannes de France le 30 avril 2011.
" Tout d’abord, merci à tous pour la confiance que vous nous avez accordée par vos suffrages. Elle sera un gage supplémentaire de notre engagement.
De la continuité dans le changement, ou du changement dans la continuité , ce serait un peu le message que le CA souhaite vous adresser.
Le bureau précédent dont la composition était fort proche de celui qui vient d’être élu, avait réfléchi aux grandes orientations, ou plutôt aux priorités auxquelles nous devions répondre :
Quelles sont-elles ?
Elles nous sont imposées par le contexte dans lequel nous vivons et qui conditionne de plus en plus fortement la conservation du patrimoine rural qui est la vocation même de notre association depuis sa création.
Or ce patrimoine bâti et paysager est soumis aujourd’hui à de telles évolutions que ni ses occupants, ni ses usages ne sont plus, dans la plupart des cas, ceux d’alors. L’évolution des techniques agricoles, les exigences d’économies d’énergie et la pression démographique lui font supporter de nouvelles pressions de plus en plus perturbatrices.
Sans abandonner ses champs d’actions « traditionnels », notre association se doit d’être présente et active sur les grands chantiers nationaux qui, sans elle, risqueraient d’ignorer l’intérêt et la méthodologie de la conservation de ces valeurs fondatrices de la qualité patrimoniale de nos territoires ruraux.
Ces grands chantiers sont notamment :
- le maîtrise des certains effets virtuellement pervers du Grenelle de l’Environnement sur le bâti ancien et les paysages ruraux.
- l’accompagnement des actions conduites par l’Etat et les collectivités territoriales en faveur du maintien de la vitalité des territoires ruraux.
- La maîtrise de la mutation et de l’urbanisation des campagnes, notamment dans les zones peri-urbaines.
- Une réflexion constante sur les conditions de mise en compatibilité technique et esthétique des constructions contemporaines avec la préservation des paysages bâtis et naturels des territoires ruraux.
Pour notre association, la réponse à ces différents impératifs implique :
- une présence active et constante au niveau national auprès des différentes instances décisionnelles.
- Mais aussi et surtout une action de terrain que seules nos délégations peuvent conduire tant au niveau départemental qu’au niveau régional.
- Ce qui impose une liaison constante entre ces trois niveaux : départemental, régional et national.
- Des actions de formation à destination des élus, des professionnels et de l’ensemble des citoyens.
Ces priorités stratégiques répondent à des objectifs généraux qui n’enlèvent rien au caractère impératif de nos activités essentielles qui doivent être poursuivies et intensifiées :
- structuration de plus en plus cohérente de notre association tant au niveau national que dans les relations étroites entre celui-ci et nos délégations.
- Constitution et perfectionnement constant d’un ensemble documentaire fondant les référence de notre action, largement diffusé sir notre site internet
- Actions de formation à tous les niveaux visant les acteurs de la conservation du patrimoine rural.
- Pertinence accrue de la revue MPF qui est et doit devenir de plus en plus un vecteur essentiel de diffusion de notre message qualitatif et de nos conseils techniques.
- Extension progressive d’un réseau régional à l’ensemble du territoire pour mieux fédérer les délégations départementales sans rien leur enlever de leurs responsabilités d’action et faire de notre association un interlocuteur à part entière, à ce niveau des décideurs public et privés.
Vous n’en déduirez pas de ces objectifs, qu’il faut attendre d’un changement de présidence, une révolution pour notre association. De grands chantiers ont été entrepris, ils doivent parvenir à leur terme.
Bien sûr, les hommes sont différents et les méthodes de travail le seront, mais elles ne remettront pas en cause nos principes fondamentaux.
La rigueur financière continuera à être de mise pour maintenir l’objectif d’un retour à l’équilibre des capitaux propres, et je salue à nouveau l’importance du travail de F Blois.
Le CA et le bureau travailleront de façon collégiale en étroite relation avec les délégations et les représentations régionales, le congrès d’octobre en Lozère sera pour les délégations le moment d’exprimer les actions prioritaires qu’elles souhaitent voir mettre en oeuvre ou les évolutions de communications qui peuvent être aménagées.
Voilà le message que je voulais vous adresser.
Mais il en est un autre, celui de notre reconnaissance envers mon prédécesseur, que nous souhaitons exprimer de façon moins formaliste et plus joyeuse.
Il y a quatorze ans, Michel Fontaine a été sollicité pour prendre les rênes de MPF. Il s’agissait alors de reformer une cohésion au sein d’un CA relativement divisé et de donner à MPF l’aura nationale qui lui faisait défaut.
Je ne vais bien sûr pas lister toutes les actions de Michel pendant toutes ces années, mais rappeler quelques faits qui marqueront sa présence dans notre association :
Michel a tout d’abord entrepris de donner à notre revue la modernité qu’elle nécessitait. Telle que nous la feuilletons aujourd’hui, elle est agréable à lire et répond à l’ensemble de nos préoccupations.
Sa vision à long terme des problèmes de défense du patrimoine rural, a amené Michel à imaginer le G8 Patrimoine. Ce regroupement des présidents des 8 grandes associations nationales de défense du Patrimoine, reconnues d’utilité publique, leur permet aujourd’hui d’intervenir directement auprès des ministères concernés pour faire entendre leur point de vue sur les politiques publiques ou sur des problèmes spécifiques.
Conscient des problèmes financiers que posent la sauvegarde et la restauration du patrimoine rural, Michel a participé aux travaux de création de la Fondation du Patrimoine avec laquelle il a toujours su entretenir les relations induites par nos convictions réciproques et dont la présence de Monsieur Néraud, ici aujourd’hui en est la preuve.
Ces dernières années, Michel a pris la mesure, au moment opportun, des conséquences graves que certaines directives du Grenelle de l’Environnement, appliquées sans nuances, pouvaient faire peser sur le bâti rural. Avec énergie et ténacité, il a su faire admettre aux ministères concernés, les thèses que nous soutenions face aux partisans de l’isolation outrancière. Avec les programmes BATAN, ATHEBA puis HYGROBAT, MPF a pu faire entendre sa voie et faire évoluer les directives vers des règlementations plus respectueuses de nos convictions.
Enfin, soucieux d’assumer sa succession, Michel a su s’entourer, lors de deux dernières élections, d’une équipe ou la cohésion n’est pas un vain mot et qui permet aujourd’hui une transition en douceur.
Pour toutes ces actions, pour cet engagement personnel intensif, souvent aux dépends de la vie familiale, pour le rang auquel vous avez su hisser maisons Paysannes de France, les membres du bureau, du Conseil d’Administration, les délégués départementaux et l’équipe des salariés ont souhaité vous manifester une reconnaissance légitime et leur gratitude en vous offrant ces modestes présents qui évoqueront pour vous, nous le souhaitons, les années de responsabilité que vous avez consacrées à MPF. Quant à votre engagement personnel, nous savons qu’il continuera à soutenir notre action et nous comptons toujours sur votre active collaboration.
Au nom de tous, un grand merci Michel car aujourd’hui, grâce à vous Maisons Paysannes de France est une association sur laquelle notre pays sait qu’il peut compter plus que jamais pour la sauvegarde du bâti ancien. ".