Période de reconstruction, d’industrialisation et de mécanisation, la structure de la société s’en trouve bouleversée. Le nombre d’agriculteurs et d’exploitations agricoles chute tandis que l’on part désormais s’installer à la ville pour y travailler. Cet exode rural entraîne l’abandon de nombreuses maisons paysannes qui tombent peu à peu en ruine. D’autres sont transformées pour intégrer des éléments de confort.
Or, après-guerre, il faut reconstruire rapidement : les techniques et les matériaux traditionnels sont délaissées.
Le ciment vient remplacer les mortiers à la chaux et au sable de pays.
C’est rompre avec l’architecture traditionnelle, qui se trouve dès lors
menacée. On ne restaure plus avec les matériaux locaux, on «
rénove » avec des méthodes qui cassent l’harmonie et l’équilibre de ces
maisons parfois plusieurs fois centenaires.
C’est dans ce contexte que naît l’association Maisons Paysannes de France, à l’initiative d’Alfred CAYLA, de Roger FISCHER, de Raymond BAYARD, de Pierre MOREAU, d’Hervé RATHOUIS, de Jacques de SACY, de Jean Louis SOUBRIER et de René FONTAINE.
Il est intéressant de noter que la prise de conscience du danger
qu’encouraient les maisons paysannes ne se faisait pas forcément par ceux
qui les habitaient et qui étaient en recherche de confort et de
modernité.
Ainsi, lors de la première Assemblée Générale en février 1966,
l’association comptait 140 adhérents : près de la moitié était de la
région parisienne, presque tous, des citadins.
Rapidement, l’association, d’abord parisienne, se structure.
Elle
réfléchit dès le départ à la création d’un réseau de comités
départementaux et à la fin de l’année 1966, elle compte déjà 22
délégations. Elle parvient peu à peu à toucher les agriculteurs par
l’intermédiaire des organisations agricoles.
En mars 1985, son action se voit légitimée puisqu’elle est reconnue d’Utilité Publique.
Aujourd’hui, elle compte près de 85 délégations et plus de 8 000
adhérents, parmi lesquels des particuliers, des architectes et des
artisans mais aussi des associations et des collectivités
territoriales.
Tout au long de ces années, Maisons Paysannes de France s’est efforcée
de donner le maximum d’outils à ses adhérents pour effectuer leurs
restaurations.
Elle mène une réflexion sur l’architecture des maisons
paysannes et sur les évolutions à donner par rapport aux envies
actuelles, en particulier sur les économies d'énergie dans l'habitat.
Dès sa création, elle publie un bulletin qui s’étoffe progressivement. Très vite, il propose des articles de
réflexion et des exemples de restaurations. Pour être le reflet de la
diversité des maisons, la revue a consacré également un dossier pour
une région donnée. Elle est aujourd’hui tirée à 9 000 exemplaires.
En 1995, l’association ouvre un Centre de documentation,
issu d’un fonds constitué depuis 1965, et complété par chaque
délégation. L’objectif est toujours de donner le maximum de moyens au
restaurateur ; une bonne connaissance des caractéristiques de
l’architecture de sa région est le préalable à une bonne restauration.
Enfin, en 1999, Maisons Paysannes de France
aide à la création du Centre de Formation et de Perfectionnement,
association « sœur et complémentaire ». Il est le fruit d’un constat :
peu à peu les techniques traditionnelles sont oubliées par les
professionnels du bâtiment. Il est donc urgent de former des artisans à la restauration des maisons paysannes anciennes.
Présidences de l'association depuis sa création:
- Alfred Cayla (1965 - 1971)
- P Delaire (1971 - 1975)
- Pierre Moreau (1975 - 1981)
- Jean-Louis Soubrier (1981 - 1989)
- Michel Maréchal (1989 - 1993)
- Jean Mougin (1993 - 1994)
- Michel Parent (1994 - 1996)
- Michel Maréchal (1996 - 1997)
- Michel Fontaine (1997 - )